Jean Michel Tatibouët a commencé sa carrière de chercheur à Lyon dans le laboratoire de Catalyse Organique (prof J.E Germain) où il a préparé une thèse de Docteur-Ingénieur (1978) et un doctorat d’Etat es Sciences (1982) portant sur des approches fondamentales de la catalyse qui ont permis de mettre pour la première fois en évidence une dépendance très nette entre l’arrangement des atomes de surface de l’oxyde MoO3 et sa réactivité catalytique dans les réactions d’oxydation ménagée. Jean Michel a ensuite effectué un stage post-doctoral au centre de Recherches Rhône-Poulenc d’Aubervilliers. Il a été recruté au CNRS en octobre 1981 comme attaché de recherche (équivalent CR) dans le laboratoire de Réactivité de Surface (Prof. M. Che) de l’université Pierre et Marie Curie (Paris VI) où il a développé des recherches portant sur la réactivité de catalyseurs modèles et sur leur caractérisation par la réaction test d’oxydation ménagée du méthanol. A cette même période il a commencé à travailler sur le couplage oxydant du méthane. Jean Michel a effectué une mobilité géographique et est arrivé au LACCO (aujourd’hui IC2MP) à Poitiers en 1994 suite à une promotion de directeur de recherche dans l’équipe de Joël Barrault. Ses travaux ont alors sensiblement évolué passant d’une approche fondamentale de la catalyse sur des systèmes modèles vers des problématiques plus appliquées et plus en relation avec les préoccupations du monde industriel. Cette évolution lui a permis de se confronter à la réalité pratique et économique des industriels, démarche qu’il avait déjà explorée lors de son année de post-doc au centre de recherches Rhône-Poulenc d’Aubervilliers (1985-1986). Parallèlement à cette évolution structurelle, ses thématiques de recherche se sont diversifiées dans le domaine de l’environnement et de l’énergie : élimination de polluants organiques dans l’eau (dépollution) et oxydation totale du méthane (production d’énergie) et reformage du méthane par le CO2 (valorisation du gaz naturel et/ou du biogaz). Toujours dans le domaine de l’environnement, Jean Michel s’est intéressé au traitement de l’air afin d’en éliminer les polluants potentiels et notamment les composés organiques volatils (COV). Cette dernière thématique lui a permis de porter de gros projets nationaux et européens avec des industriels et de développer un procédé associant un plasma atmosphérique non-thermique et un catalyseur, technologie particulièrement innovante qui permet de traiter des débits importants d’air pollué avec un minimum d’énergie, car ce procédé fonctionne à température ambiante. Cette technologie fait actuellement l’objet d’attentions soutenues dans le monde industriel en raison de ses potentialités. Ces travaux ont conduit au développement des réacteurs de traitement d’air de taille pilote (quelques centaines de m3/h). Simultanément, la collaboration avec des laboratoires du domaine des Sciences pour l’Ingénieur a permis à Jean Michel d’être reconnu comme un leader dans la connaissance des plasmas en accédant à une description thermique et mécanique des fluides des réacteurs. Il est auteur de plus de 100 publications et 150 communications et d’une quinzaine de brevets. Il a obtenu le Prix de la division catalyse (DivCat) de la Société Chimique de France en 1984 et le Prix de l’Innovation du salon Pollutec à Lyon en 2006.
Jean Michel Tatibouët était un chercheur passionné à l’écoute des autres. Toujours d’humeur joyeuse, il était très apprécié de ses collègues pour ses conseils et ses recommandations. Il a encadré plus de 20 doctorants et de nombreux stagiaires qu’il a formés avec passion au métier de la recherche. Nous garderons le souvenir d’un collègue qui avait une grande idée du métier de chercheur avec de grandes qualités humaines et qui a contribué au rayonnement de la catalyse poitevine à l’échelle nationale et internationale.

 

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